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L’Église a-t-elle enseigné que la femme n’a point d’âme ?

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L’Église méprise-t-elle la femme ? A-t-elle enseigné contre elles, et l’Église a-t-elle dit qu’une femme n’a point d’âme ?

Aimé Martin (1781-1844) était un écrivain français. Né à Lyon, il avait tenté, comme aujourd’hui nous le voyons encore chez les athées ou autres imbéciles, d’attaquer théologiquement la religion catholique. L’Abbé J.-M.-Savveur GORINI, dans son livre de la défense de l’Église démolit aussitôt ses mensonges.

Texte de M. Aimé-Martin.

« Dans des temps qui ne sont pas encore très-éloignés, de graves docteurs leur refusaient une âme ; mais, comme si la Providence avait pris soin de venger un tel outrage, alors vivait au Louvre cette Isabeau qui livra la France à un roi d’Angleterre, et, dans une pauvre cabane, aux confins de la Lorraine, cette Jeanne d’Arc qui sauva sa patrie, battit les Anglais, et mourut de la mort des martyrs, après avoir vécu de la vie des héros…

Le siècle le plus malheureux pour elles fut le siècle des clercs et des docteurs ; là s’éveillent toutes ces questions impertinentes sur la prééminence des hommes et sur l’infériorité des femmes; on trace l’alphabet de leurs malices et l’histoire de leurs imperfections ; on va jusqu’à mettre en doute l’existence de leur âme, et les théologiens eux-mêmes, dans le trouble qui les agite, semblent oublier un moment que Jésus-Christ tenait à l’humanité par sa mère « .

Observations.

Cette bouffonne tradition sur des théologiens discutant pour savoir si les femmes ont une âme nous a tous quelquefois fait sourire ; mais combien elle devient plus égayante quand on voit M. Aimé-Martin la prendre au sérieux et y trouver le texte d’une déclamation contre l’Église ! Il serait homme à croire à la papesse Jeanne. Mais sur quel document s’appuie-t-il ? Il n’en cite aucun, parce qu’en effet il n’aurait à rappeler que quelque chansonnette grivoise ou une erreur de Bayle.

Ce dernier, à l’occasion d’un pamphlet badin contre l’existence d’une âme des femmes, a écrit :

« Ce que je trouve de plus étrange est de voir que, dans un concile (de Maçon), on ait mis en question si les femmes étaient une créature humaine, et qu’on n’ait décidé l’affirmative qu’après un long examen « .

Or, au concile de Mâcon, qui se tint en 585, l’on ne mit pas en question si les femmes sont des créatures humaines.

« Il y eut dans ce synode, dit saint Grégoire de Tours, un des évêques qui disait que la femme ne pouvait être appelée homme. Mais il s’arrêta, ayant reçu des prélats une suffisante explication ; car le livre sacré de l’Ancien Testament, parlant de la création de l’homme par Dieu dans le principe, nous apprend qu’il le créa mâle et femelle, et le nomma Adam, c’est-à-dire homme de terre, appelant par conséquent du même nom la femme et l’homme, puisqu’il les nomma l’un et l’autre homme.

Ensuite le Seigneur est appelé Fils de l’homme, parce qu’il est le fils de la Vierge, c’est-à-dire d’une femme. La difficulté ayant été éclaircie par beaucoup d’autres témoignages, l’évêque se tut. »

D’après cette anecdote de Saint Grégoire, seul souvenir que nous ayons du débat en question, qu’est-ce qui se passa au concile de 585 ? Un évêque par trop puriste soutint que le mot homme ne pouvait être le nom commun des deux sexes, puisqu’il était déjà chargé d’en désigner spécialement un, le sexe masculin. Il ne s’agissait donc nullement de l’âme des femmes, mais de leur nom.

Ce n’était pas une question de philosophie qu’on débattait, c’était un point de philologie. À en croire Bayle, un écrit qui refusait une âme aux femmes trouva de nombreux partisans au dix-septième siècle, et le pape Alexandre VII, l’an 1651, condamna un livre italien sur cette matière.

Mais que prouvent la mauvaise plaisanterie de quelques-uns de ces doctes et la sérieuse folie des autres ? Les théologiens doivent-ils être solidaires de ces auteurs, dont Rome même condamna l’opinion ? Si les femmes n’avaient été, au jugement des théologiens, que des machines sans âme, d’où venaient donc tant de soins pour en faire des saintes ?

Pourquoi, comme le soutient M. Martin, leur aurait-on prêché pour toute vertu la pénitence, si on leur eût en même temps prêché que les femmes n’avaient point d’âme que cette pénitence pût sanctifier ?

Comment donc l’Église catholique, qui plaçait sur ses autels les images de tant de chastes vierges, de tant de veuves pieuses, et d’austères habitantes du cloître, et de tendres mères de famille ; qui leur élevait des temples si magnifiques et leur consacrait des fêtes si solennelles, qui recueillait leurs ossements dans des châsses d’or, qui donnait au ciel et à la terre pour reine la Vierge Mère, comment voudrait-on faire croire que l’Église permît d’enseigner que ces femmes n’avaient point eu d’âme, qu’elles n’étaient plus rien ?

Les théologiens ont bien cru et croient encore à quelque infériorité de la femme, non pas cependant en vertu, en tendresse, en charité, en bon sens. Mais, pour réprouver cette doctrine, M. Aimé-Martin devrait commencer par effacer de son livre ces mots adressés à M. de Lamartine :

« Pour moi, tandis que vous parlez aux forts, je me suis adressé aux faibles. J’ai appelé les mères de famille à la moralisation de la famille et du pays… Ne repoussez pas cette puissance, quelque faible qu’elle vous paraisse. »

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Il est étonnant qu’on accuse surtout le siècle de la théologie d’avoir tracé l’alphabet des malices féminines. Chaque siècle un peu littéraire n’a-t-il pas produit sa satire des femmes ?

« Tous les poètes grecs depuis Orphée jusqu’à saint Grégoire de Nazianze, selon l’Encyclopédie de Diderot, ont dit beaucoup de mal des femmes. Euripide s’est acharné à les insulter, et il ne nous reste presque de Simonide qu’une violente invective contre elles. Les poètes latins ne leur sont pas plus favorables. »

De tous les crimes de lèse-galanterie reprochés par M. Aimé-Martin aux théologiens, il n’y a donc de vrai que celui d’avoir enseigné l’infériorité des femmes par rapport aux hommes en quelques points, non pas toutefois en ce qu’elles auraient été privées d’une âme.

Source : Défense de l’Église – Abbé J.-M.-Sauveur GORINI – 1864

Publié par Napo

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