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La souffrance ouvrière après la révolution française

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La souffrance ouvrière après la révolution française

La souffrance ouvrière après la révolution française, les enfants et les adultes sont à égalité dans le travail après la conquête des industriels et des franc-maçons sur l’ancien régime Français.

P-J Proudhon écrit :
Ce qui a créé la distinction toute nouvelle de « classe bourgeoise » et de « classe ouvrière » ou « prolétaire », c’est le nouveau droit inauguré en 1789. Avant 89, l’ouvrier existait dans la corporation et dans la maitrise, comme la femme, l’enfant, le serviteur dans la famille. Depuis 89, le faisceau des corporations ayant été brisé sans que les fortunes et les conditions fussent devenues égales entre maîtres et ouvriers, sans qu’on eût rien fait ou prévu pour la répartition des capitaux et des droits des travailleurs, la distinction s’est établie d’elle-même. On peut nier aujourd’hui cet antagonisme profond des deux classes, inconnu au moyen-âge, et la raison qui l’amena fut une grande iniquité.

Dans un rapport fait à la Société industrielle de Mulhouse, le 27 février 1827, on établissait que la durée journalière du travail, dans les filatures, était ordinairement de treize ou quatorze heures, pour les enfants comme pour les adultes.

Les enfants employés dans les autres filatures et tissages de coton du Haut-Rhin et dans les établissements de même nature du reste de la France, ne sont pas, en général, il est vrai, aussi malheureux ; mais partout pâles, énervés, lents dans leurs mouvements, tranquilles dans leurs jeux, ils offrent un extérieur de misère, de souffrance, d’abattement, qui contraste avec le teint fleuri, l’embonpoint, la pétulance et tous les signes d’une brillante santé, qu’on remarque chez les enfants du même âge, chaque fois que l’on quitte un lieu de manufactures pour entrer dans un canton agricole.

Ces maux sont d’autant plus à déplorer, que les machines si admirables des manufactures actuelles, en permettant de remplacer avec avantage une grande partie des adultes par des enfants, augmentent nécessairement le nombre de ceux-ci dans les ateliers.

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La souffrance des enfants au travail

Afin de mieux faire sentir combien est trop longue la journée des enfants dans les ateliers, rappellerai-je ici que l’usage et les règlements fixent pour tous les travaux, même pour ceux des forçats , la journée de présence à douze heures, réduite à dix par le temps des repas ; tandis que pour les ouvriers qui nous
occupent, sa durée est de quinze à quinze heures et demie, sur lesquelles il y en a treize à treize et demie de travail effectif.

Quelle différence !

Aux Antilles, les esclaves, assure-t-on , fatiguent moins qu’eux. Voici ce qu’on lit , à cet égard , dans les Notices statistiques sur les colonies françaises, imprimées par ordre du ministre de la marine, première partie, p. 5, volume publié en 1837 :

« Les travaux des noirs cultivateurs sont modérés; ils commencent au lever du soleil , cessent avec le jour (aux Antilles, les jours sont à-peu-près égaux aux nuits : les plus courts ont plus de onze heures , les plus longs n’en ont pas treize) , et sont d’ailleurs suspendus dans la journée pendant trois heures. En somme, la durée du travail ordinaire est, terme moyen, de neuf heures sur vingt- quatre. » Il est vrai que, pour ces derniers, la brièveté des jours permettrait peut-être difficilement un travail plus long dans des champs où il faut se rendre chaque matin , et d’où il faut revenir chaque soir à l’habitation. »

Toutefois , il y aurait de l’injustice à ne pas faire observer ici, qu’il ne faut point, sous ce rapport, confondre les manufactures de laine avec celles de coton. Dans les unes et les autres , il est vrai, la durée du travail est communément la même ; mais dans les manufactures de laine, les enfants sont, presque partout, plus âgés de deux à trois ans que dans les manufactures de coton.

Cette seule différence d’âge expliquerait celle qui s’observe dans leur santé. Mais d’autres conditions encore concourent ordinairement à rendre les enfants des premières mieux portants que ceux des secondes.

Leurs ateliers n’offrent aucune cause particulière d’insalubrité, leurs gains sont un peu plus élevés, et la gêne moins grande des parents permet à ceux-ci de leur donner une meilleure nourriture.

Les deux industries n’exigent guère, il est vrai, de la part des enfants, qu’une simple surveillance. Mais pour tous la fatigue résulte d’une station beaucoup trop prolongée.

Ils restent seize à dix-sept heures debout chaque jour, dont treize au moins dans une pièce fermée, sans presque changer de place ni d’attitude. Ce n’est plus là un travail, une tâche, c’est une torture ; et on l’inflige à des enfants de six à huit ans, mal nourris, mal vêtus, obligés de parcourir, dès cinq heures du matin, la longue distance qui les sépare de leurs ateliers, et qu’achève d’épuiser, le soir, leur retour de ces mêmes ateliers.

Comment ces infortunés, qui peuvent à peine goûter quelques instants de sommeil, résisteraient-ils à tant de misère et de fatigue ? C’est ce long supplice de tous les jours qui ruine principalement leur santé dans les filatures de coton, et plus encore à Mulhouse et à Tharui qu’ailleurs, à cause des conditions dans lesquelles ils vivent.

Et pourtant, je me plais à le proclamer, l’humanité des fabricants d’Alsace a tenté de mettre fin à ce déplorable abus Mais que peut leur désintéressement isolé ? Beaucoup signalent eux-mêmes les faits que je viens de rapporter, en gémissent et appellent de tous leurs vœux un remède à un si grand mal , qu’ils sont cependant forcés de conserver dans leurs propres ateliers.

Et, en effet, à quelles conditions leur est-il permis de diminuer la durée trop longue du travail des enfants ? En diminuant aussi le salaire , ou en le conservant intact. Dans le premier cas, les parents enverront leurs enfants travailler dans des fabriques , d’où, au prix de leur santé, ils rapporteront quelques centimes de plus. Dans le second, les fabricants ne pourront plus soutenir la concurrence. Dans les deux cas, leur ruine est également certaine.

Alban de Villeneuve Bargemont précisait également dans un de ses discours :

« Ces pauvres enfants, dit l’enquête, sont soumis à un travail de 8 à 10 heures de suite, qui reprend après un repos au plus de 2 ou 3 heures, et se continue ainsi pendant toute la semaine. L’insuffisance du temps accordé au repos fait du sommeil un besoin tellement impérieux qu’il surprend les malheureux enfants au milieu de leurs occupations. Pour les tenir éveillés, on les frappe avec des cordes, avec des fouets, avec des bâtons, sur le dos, sur la tête même. Plusieurs ont été amenés devant les commissaires de l’enquête, avec des yeux crevés, des membres brisés par les mauvais traitements qui leur avaient été infligés. »

Voilà ce qu’engendra cette soi-disant révolution du peuple par le peuple et pour le peuple, au nom de la liberté et des Droits de l’Homme…

Source : Tableau de l’état physique et moral des ouvriers par M. Le Dr Villermé

Publié par Napo

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