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L’affaire et l’importance du salut éternel pour les hommes

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L’affaire du salut éternel est sans contredit l’affaire qui nous importe le plus, et c’est principalement celle que négligent les chrétiens.

Il n’y a pas de diligence qu’on ne fasse, pas de temps qu’on ne perde pour arriver à quelque position, pour gagner un procès, pour conclure un mariage ; que de conseil ne prend-on pas, que de moyens l’on emploie ; l’on ne mange pas, l’on ne dort pas.

Mais pour assurer le salut éternel, que fait-on? De quelle manière se conduit-on ? L’on ne fait rien du tout ; au contraire, l’on fait tout pour le perdre. Et c’est ainsi que vit la plupart des chrétiens, comme si la mort, le jugement, lenfer, le paradis et l’éternité n’étaient pas une vérité de foi, mais une fable inventée par des poêtes.

Si l’on vient à perdre un procès, une récolte, quelle peine n’éprouve-t-on pas ? Et quel soin ne met-on pas à réparer le dommage ? Quand on perd un cheval, un chien, quel mouvement ne se donne-t-on pas pour les retrouver ? Si l’on vient à perdre la grâce de Dieu, l’on dort, l’on plaisante, l’on rit.

Chose étonnante, chacun a honte d’être appelé négligent dans les affaires du monde, et cependant l’on ne rougit pas du tout de négliger l’affaire de l’éternité, qui est la plus importante. Les Saints se sont crus sages, parce qu’ils ne se sont appliqués qu’à se sauver ; et nous au contraire, nous pensons aux choses du monde, et pas du tout à l’âme.

Mais vous dit Saint Paul, vous, mes frères, ne pensez qu’à la grande affaire de votre salut éternel, qui est pour vous l’affaire la plus importante de toutes. Persuadons-nous donc que le salut éternel est pour nous l’affaire la plus importante, l’affaire unique et surtout l’affaire irréparable, si l’on vient à se tromper.

C’est l’affaire la plus importante. Oui! Parce que c’est l’affaire de la plus grande conséquence, puisqu’elle s’applique à l’âme, car en la perdant l’on perd tout. Nous devons considérer l’âme comme une chose plus précieuse que tous les biens du monde. Pour le comprendre, il suffit de savoir que Dieu a livré son fils à la mort pour sauver nos âmes. Et le Verbe éternel n’a pas fait difficulté de l’acheter avec son propre sang.

De telle sorte, dit un saint père, qu’il semble que l’homme vaut autant que Dieu. Si donc l’âme vaut un si grand prix, quel est le bien de ce monde contre lequel un homme pourra la changer lorsqu’il la perd. Saint Philippe de Néri avait sans doute raison de donner le nom de fou à celui qui ne songe pas à sauver son âme. S’il y avait sur la terre deux sortes d’hommes, les un mortels et les autres immortels, et que ceux qui seraient mortels vissent ceux-là occupés aux choses de ce monde, recherchant les hommes, les bien et les plaisirs de la terre ; ils leur diraient sans doute :

« O fous que vous êtes ! Vous pouvez acquérir des biens éternels et vous ne pensez qu’à ces choses périssables et passagères ? Et pour cela vous vous condamnez à des peines éternelles dans l’autre vie ?« 

Laissez, ces bien terrestres ne sont faits que pour nous, malheureux que nous sommes, tout finira pour nous à la mort. Mais nous sommes tous immortels ; et comment se fait-il que tant de gens perdent leur âme pour des plaisirs si misérables ?

Comment se fait-il, dit Salvien, que les chrétiens croient qu’il y a un jugement, un enfer, une éternité, et qu’ils vivent sans en concevoir aucune crainte ? Oh ! mon dieu, à quoi ai-je employé tant d’années que vous m’avez données pour me procurer le salut éternel? Vous, ô mon Rédempteur, vous avez acheté mon âme de votre propre sang, et vous me l’avez remise afin que je la sauve ; et moi je n’ai songé qu’à la perdre lorsque je vous ai offensé, vous qui m’avez tant aimé.

Je vous remercie de m’avoir encore donné du temps pour remédier à la grande perte que j’ai faite. J’ai perdu mon âme et votre sainte grâce, Seigneur, je m’en repens, j’en suis marri de tout mon coeur.

Àh! pardonnez-moi ; je prends la résolution désormais de tout perdre, la vie même, plutôt que votre amitié. Je vous aime par-dessus tout bien, et je prends la résolution de ne jamais plus vous offensez, ô souverain bien, digne d’un amour infini. Aidez-moi, ô mon Jésus, afin que celte résolution d’aujourd’hui ne soit plus semblable à mes bons projets passés ; car, je le sais, je vous ai toujours trahi.

Faites-moi mourir avant que je retombe dans le péché, et laissez-moi vous aimer. O Marie, mon espérance, sauvez-moi et obtenez-moi la sainte persistance. L’affaire du salut éternel est non-seulement l’affaire la plus importante, mais l’unique que nous ayons dans cette vie. Saint Bernard plaint l’aveuglement des chrétiens, qui appellent bagatelles les bagatelles des enfants, et affaires ce qu’ils font eux-mêmes : Les folies des hommes sont, de bien plus grandes folies.

À quoi sert, dit le Seigneur, de gagner le monde entier si l’on perd son âme ? Si vous vous sauvez, ô mon frère, peu importe ensuite que, sur cette terre, vous ayez été pauvre, affligé et méprisé ; en vous sauvant, vous n’aurez plus de douleur, vous serez heureux pendant toute l’éternité. Mais si vous êtes vaincu et que vous vous damniez, que vous servira, dans l’enfer, de vous être bien amusé dans ce monde, ou d’y avoir été riche et honoré ? Une fois votre âme perdue, adieu plaisirs, honneurs, richesses : il n’y aura plus rien pour vous.

Que répondrez-vous à Jésus-Christ au jour du jugement ? Si un roi envoyait un de ses ambassadeurs, traiter une grande affaire dans une ville, et qu’au lieu de songer à l’affaire qu’on lui aurait confiée, cet homme ne songeât qu’aux banquets, aux festins, aux spectacles, et qu’il ne remplît pas sa mission ; quel serait le compte qu’il devrait rendre à son retour ?

Mais, ô Dieu, quel compte n’aura pas à rendre au Seigneur celui qui, placé sur cette terre, non pas pour s’amuser, non pas pour s’y enrichir, non pas pour y acquérir des honneurs, mais seulement pour sauver son âme, aura pensé à tout, excepté à cette seule chose ! Les mondains pensent au présent, et jamais à l’avenir.

Saint Philippe de Néri, étant à Rome, s’adressant un jour à un jeune homme de talent, appelé François Zazzora, lui disait :

« Mon enfant, vous ferez une fortune brillante, vous serez un bon avocat, vous serez prélat aussi, peut-être cardinal, peut-être même pape, et puis ? et puis ? Allez, lui dit-il enfin, el pensez à ces dernières paroles. »

Ce jeune homme se rendit chez lui, et méditant ces mots : Et puis ? et puis ? il abandonna les affaires terrestres, il abandonna le monde pour entrer dans la congrégation de Saint Philippe, où il commença à ne plus penser qu’à Dieu.

L’affaire du salut est la seule, l’unique, parce que nous n’avons qu’une âme. Un prince demandait une grâce à Benoît XII, mais comme il ne pouvait l’accorder sans charger sa conscience, le saint pontife répondit à l’ambassadeur :

« Dites à votre prince que, si j’avais deux âmes, je pourrais en perdre une pour l’amour de lui et me réserver l’autre pour moi ; mais comme je n’en ai qu’une, je ne puis, ni ne veux le sauver.« 

Saint François Xavier disait qu’il n’y a dans ce monde qu’un seul bien et qu’un seul mal : le premier, c’est le salut ; le deuxième, l’enfer. C’est ce que disait encore Sainte Thérèse à ses filles :

« Mes sœurs, il n’y a qu’une âme et qu’une éternité.« 

Elle voulait dire par là : Il n’y a qu’une âme, et si nous la perdons, nous perdons tout ; il n’y a qu’une éternité, et notre âme une fois perdue l’est pour toujours. C’est pour cela que David disait :

« Seigneur, je ne vous demande qu’une chose, sauvez mon âme et je suis content. »

Celui qui ne craint pas et ne redoute pas de se perdre, ne se sauvera pas ; de là vient que pour se sauver, il faut prendre de la peine, et se faire violence. Pour arriver au salut, il faut qu’au moment de la mort, notre vie soit semblable à celle de Jésus-Christ. Et pour cela, nous devons travailler à fuir les occasions d’une part, et prendre les moyens nécessaires pour obtenir le salut.

Tous voudraient se sauver sans qu’il leur en coûtât le moindre travail. Chose étonnante, dit Saint Augustin, le démon prend tant de peine et ne dort pas même pour mieux nous perdre ; et vous, quand il y va de votre bonheur ou de votre malheur éternel, vous vous négligez ; à ce point ?

Ah mon Dieu, je vous remercie de ce que vous me permettez d’être à vos pieds dans ce moment, et non pas à l’enfer où j’ai mérité d’aller tant de fois. Mais à quoi me servirait la vie que vous me conservez, si je continuais à vivre dans la privation de votre grâce ? Ah ! qu’il n’en soit plus ainsi. Je vous ai abandonné, je vous ai perdu, ô mon souverain bien, j’en suis marri de tout mon cœur ; fussé-je mort mille fois.

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Je vous ai perdu, mais votre prophète me fait entendre que vous êtes tout bon, et que vous vous faites trouver par les âmes qui vous cherchent. Si par le passé je vous ai fui, ô roi de mon cœur, maintenant je vous recherche, et je ne recherche que vous. Je vous aime de toute mon affection ; recevez-moi ; ne dédaignez pas de vous faire aimer de ce cœur qui vous a méprisé dans le temps.

Source : Œuvres complètes – Saint Alphone Marie De Liguori – 1843

Publié par Napo

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