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Anna Minj, première députée catholique autochtone du Bangladesh

Anna Minj, première députée catholique autochtone du Bangladesh

Le paysage politique bangladais connaît un tournant inédit avec l’entrée en fonction d’Anna Minj, devenue la première femme catholique d’origine autochtone à siéger à l’Assemblée nationale. Évoluant au sein d’un pays à très forte majorité musulmane, la nouvelle élue suscite d’immenses attentes, tant pour la défense des minorités ethniques que pour le rayonnement pastoral et social des communautés chrétiennes.

Le 27 mai dernier, l’archevêché de Dacca a tenu à rendre hommage à la parlementaire lors d’une réception organisée à la cathédrale Sainte-Marie. Issue des cinquante sièges réservés aux femmes sur les 350 que compte la treizième législature, Anna Minj a été élue sous les couleurs du Parti nationaliste du Bangladesh (BNP). Cette formation politique a remporté les élections générales du 12 février dernier et formé le nouveau gouvernement sous l’égide du Premier ministre Tarique Rahman.

Pour saisir la portée de cette élection, il convient de rappeler la réalité démographique complexe du pays. Sur une population estimée à 180 millions d’habitants, 99 % sont d’ethnie bengalie. Les minorités autochtones, auxquelles s’ajoute la petite minorité chrétienne, ne représentent globalement qu’un pour cent de la population. Née au sein de la communauté ethnique Oraon, dans le diocèse de Dinajpur au nord du pays, Anna Minj a grandi dans une famille catholique et a forgé son instruction dans les internats missionnaires. Avant de franchir les portes du Parlement, elle a consacré plus de trente ans de sa vie au développement humanitaire. Ayant occupé des postes de direction au sein de Caritas Bangladesh et de l’organisation internationale BRAC — née dans le pays en 1972 —, elle a acquis une solide expertise dans la réduction de la pauvreté, l’autonomisation des femmes et la défense des droits des peuples autochtones à travers quatorze pays.

Cette fine connaissance du terrain nourrit l’espérance de l’Église locale. Lors de la cérémonie, l’archevêque de Dacca, Mgr Bejoy N. D. Cruze, a exprimé les grandes attentes de la communauté. Le prélat a rappelé que la petite Église bangladaise apporte une contribution au bien commun bien supérieure à son poids démographique, notamment à travers ses écoles, ses établissements de santé et les œuvres de Caritas. Cependant, ces actions s’opèrent souvent sans réel soutien institutionnel, et parfois même face à de vives oppositions. Espérant que la nouvelle députée saura faire converger les luttes des populations autochtones et des chrétiens, l’archevêque a souligné l’urgence de surmonter les obstacles administratifs ou politiques qui entravent le droit légitime de la minorité chrétienne à servir le pays.

Loin de reléguer sa foi à la sphère privée, Anna Minj aborde cette nouvelle mission comme un prolongement de son engagement chrétien. Affiliant sa démarche aux enseignements reçus des prêtres et des religieuses lors de sa scolarité, la députée a expliqué ne pas chercher à prêcher de manière militante, mais s’efforcer de témoigner du Christ par la droiture de son travail et de sa vie. Confiant sa volonté de s’attaquer rapidement aux problèmes spécifiques rencontrés par les écoles catholiques et les populations marginalisées dont elle est désormais la représentante, elle a conclu cette rencontre ecclésiale avec humilité, demandant aux évêques et aux fidèles de la porter dans leurs prières afin qu’elle puisse mener à bien cette exigeante mission publique.

Conversation des fidèles

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