Le cardinal Arthur Roche, l’un des quatre cardinaux anglais en activité – un record pour le pays –, occupe une place importante au sein de l’Église catholique. À 74 ans, il est le plus jeune d’entre eux et exerce une influence majeure en tant que préfet du Dicastère pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements, tout en étant un conseiller clé du pape François. À l’occasion du jubilé d’or de son ordination sacerdotale, le cardinal Roche a accepté de se confier lors d’un entretien exclusif avec The Catholic Herald, revenant sur cinquante années de sacerdoce et partageant ses réflexions sur des sujets cruciaux pour l’Église d’aujourd’hui.
Une vocation précoce et un parcours riche
Dès son plus jeune âge, le cardinal Roche a ressenti l’appel à la prêtrise. « Lorsque j’allais à la messe, je ressentais une profonde paix et un bonheur véritable », confie-t-il. Enfant de chœur, il servait la messe presque quotidiennement après avoir reçu sa première communion à l’âge de sept ans. Sa vocation s’est précisée au fil des années, le conduisant à se tourner vers le diocèse de Leeds, bien qu’il ait été initialement attiré par la vie cistercienne à l’abbaye du Mont Saint-Bernard. « J’ai gardé une grande affection pour cette communauté et leur mode de vie », souligne-t-il.
Formé au Collège anglais de Valladolid en Espagne, le cardinal Roche y a vécu une expérience marquante, baignée dans l’histoire des martyrs catholiques anglais. Ordonné prêtre en 1975 par Mgr William Gordon Wheeler, il a d’abord été envoyé à Barnsley, une ville minière du Yorkshire, où il a découvert la foi simple et laborieuse des ouvriers. Par la suite, il a servi comme secrétaire de Mgr Wheeler, puis a organisé la visite du pape Jean-Paul II à York en 1982, un événement rassemblant plus de 250 000 fidèles.
Un engagement pastoral et une mission à Rome
Après avoir été curé de la cathédrale de Leeds, où les confessions quotidiennes attiraient des fidèles de toute la région, le cardinal Roche a poursuivi son ministère comme prêtre de paroisse, puis comme secrétaire financier du diocèse. Une mission qu’il n’aurait jamais imaginée, mais qu’il a acceptée avec humilité. « Le Seigneur donne ce dont on a besoin pour accomplir Sa volonté », affirme-t-il.
En 2005, après des études de théologie morale à Rome, il est devenu secrétaire général de la Conférence des évêques d’Angleterre et du Pays de Galles, avant d’être nommé évêque auxiliaire de Westminster, puis évêque de Leeds en 2004. En 2012, Benoît XVI l’a appelé à Rome pour servir au sein de la Congrégation pour le Culte divin, où il a travaillé sous la direction des cardinaux Antonio Cañizares Llovera et Robert Sarah.
La synodalité, un don pour l’Église
Interrogé sur le Synode sur la synodalité, le cardinal Roche salue cette initiative du pape François. « C’est un immense don pour l’Église, car cela nous apprend à écouter profondément les autres, plutôt que de simplement défendre nos positions », explique-t-il. Il compare cette démarche à son expérience avec les évêques anglais dans les années 1990, où les discussions étaient marquées par une grande charité et un respect mutuel.
Les défis liturgiques actuels
En tant que préfet du Dicastère pour le Culte divin, le cardinal Roche identifie un manque crucial de formation liturgique aujourd’hui. « Certains croient pouvoir adapter la liturgie à leur guise, mais nous ne pouvons adorer qu’en tant qu’Église, selon ce que le Christ et l’autorité apostolique nous ont transmis », insiste-t-il. Il souligne l’importance de la lettre apostolique Desiderio Desideravi du pape François, qu’il qualifie de « lettre d’amour à la liturgie », appelant les fidèles à redécouvrir la beauté et la profondeur du culte divin.
La messe en latin et l’unité de l’Église
Sur la question de la messe traditionnelle en latin, le cardinal Roche adopte une position nuancée. « Il n’y a rien de mal à assister à la messe selon le missel de 1962, mais ce n’est pas la norme », rappelle-t-il. Il souligne que la réforme liturgique du Concile Vatican II visait à simplifier et à rendre la liturgie plus accessible, tout en intégrant davantage les Écritures dans la vie des fidèles. « Ce qui compte, c’est que la célébration de l’Eucharistie, quel que soit le missel, soit noble et empreinte de simplicité », affirme-t-il.
Le cardinal Roche révèle également qu’il célèbre souvent la messe en latin, selon le rite ordinaire. « Si seulement ils savaient que je célèbre la messe en latin presque tous les jours », confie-t-il avec un sourire, rappelant que cette pratique reste une richesse pour l’Église universelle.
Un message d’unité et de fidélité
Le cardinal Roche insiste sur l’importance de l’unité et de la fidélité à la tradition de l’Église. « Nous devons rester centrés sur le Christ et Ses enseignements, tout en respectant profondément les autres », conclut-il. Avec humilité et sagesse, il continue de servir l’Église, guidé par une foi profonde et un amour indéfectible pour la liturgie et les sacrements.
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