L’Union des associations européennes de football (UEFA) a tenu à clarifier les motifs d’une sanction financière infligée au club serbe de l’Étoile rouge de Belgrade.
L’affaire remonte au 26 février 2026, lors d’une rencontre de la Ligue Europa opposant l’Étoile rouge de Belgrade au LOSC Lille. À la suite de ce match, l’instance disciplinaire de l’UEFA a condamné le club serbe à une série d’amendes totalisant 95 500 euros. Parmi ces sanctions, une somme de 40 000 euros a été spécifiquement attribuée à la transmission d’un message jugé inadapté « FUCK UEFA » à un événement sportif, portant atteinte à la réputation du football et de l’UEFA.

La polémique est née de la concomitance entre cette sanction et un imposant tifo réalisé par les supporters serbes, représentant une icône chrétienne orthodoxe accompagnée d’un message invoquant la foi et la victoire. Cette mise en scène avait suscité une vive émotion et de nombreuses interprétations suggérant une répression de l’expression religieuse dans les stades.
Toutefois, sollicitée par la presse, l’UEFA a précisé que cette amende de 40 000 euros était strictement liée à une banderole contenant des insultes explicites dirigées contre l’organisation. L’instance européenne a souligné qu’aucune sanction n’avait été prise à l’encontre de la tifo religieuse en elle-même.
Inquiétudes sur la liberté d’expression religieuse
Malgré ces clarifications techniques, l’affaire a pris une dimension politique au sein des institutions européennes. Emmanouil Fragkos, député grec au Parlement européen, a exprimé ses préoccupations concernant l’interprétation des règles régissant l’expression de la foi dans le cadre sportif. Selon l’élu, il est nécessaire que les instances sportives rendent des comptes aux fidèles et aux citoyens attachés à leurs racines.
M. Fragkos, qui a affirmé son soutien aux traditions et au droit des peuples à s’exprimer librement, a adressé une lettre à Glenn Micallef, commissaire européen chargé de la culture et du sport. Dans ce courrier, il s’interroge sur la manière dont une expression paisible de la foi et de l’identité pourrait être perçue comme inappropriée, appelant à une application cohérente et transparente des règlements.
Un contexte de débat sur les symboles chrétiens
Cette controverse n’est pas isolée. Des faits similaires avaient entouré une sanction contre le LOSC Lille après un match contre Aston Villa, le 12 mars dernier, où une bannière représentant sainte Jeanne d’Arc avait été déployée. Là encore, l’UEFA a démenti tout lien entre l’image de la sainte et la sanction, précisant que cette dernière découlait de chants insultants visant le gardien de but adverse.
Ces incidents s’inscrivent dans un climat européen marqué par des débats juridiques et sociétaux sur la place des symboles religieux dans l’espace public. La Cour européenne des droits de l’homme est d’ailleurs saisie d’une affaire opposant une association athée à la Grèce concernant la présence d’icônes orthodoxes dans les salles d’audience, les requérants arguant d’une possible atteinte à la neutralité judiciaire.
Pour l’heure, l’UEFA maintient sa ligne, distinguant la liberté religieuse des supporters des comportements jugés offensants ou hostiles envers les institutions sportives. Comme l’a rappelé le député Fragkos.





Conversation des fidèles
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