Dans un entretien accordé en cette fin d’année 2025, le Cardinal Pizzaballa a dressé un portrait sans concession de la situation actuelle des chrétiens au Moyen-Orient, remettant l’Église au centre de sa mission surnaturelle et pastorale, loin des agitations théologiques occidentales. Interrogé par Regina Einig, Son Éminence a confirmé que les conditions de vie en Terre Sainte demeurent précaires malgré le cessez-le-feu d’octobre. Si les combats actifs ont cessé, la réalité sociale, économique et politique reste inchangée, particulièrement à Gaza et en Cisjordanie. Toutefois, dans un esprit de résistance spirituelle, la décision a été prise de célébrer Noël de manière festive, car « les gens ont besoin de lumière dans leur vie » pour reprendre leur souffle.
L’entretien met en lumière l’impact profond de la visite apostolique du Saint-Père au Liban. Le Cardinal Pizzaballa a témoigné de l’enthousiasme tangible qui a traversé non seulement les catholiques, mais aussi les non-chrétiens. Il a souligné que le Pape Léon a insisté sur l’espérance et la paix, des thèmes qui ont particulièrement touché une jeunesse pleine d’espoir. Le Souverain Pontife, véritable point de référence en ces temps de guerre et de dévastation humaine, offre une orientation nécessaire pour façonner le récit chrétien dans un environnement complexe.
Sur le plan ecclésial, le Patriarche latin de Jérusalem a tenu des propos d’une clarté doctrinale exemplaire concernant les dérives observées en Occident. Interrogé sur la pertinence des débats réformistes, il a affirmé sans détour que le chemin synodal allemand est sans objet pour la vie des fidèles en Orient. « Les questions du Chemin synodal en Allemagne, et de nombreux autres sujets dans les pays occidentaux, ne résonnent pas particulièrement au Moyen-Orient » a-t-il déclaré. Il a rappelé que la théologie locale n’est pas vécue de manière dramatique ou dialectique, mais que « nos Églises sont traditionnelles, et nous vivons dans et par la communauté de l’Église ». Cette déclaration remet à leur juste place les revendications modernistes face à la réalité d’une foi vécue.
L’unité des chrétiens en Terre Sainte ne se construit pas sur des théories, mais sur une réalité pastorale concrète. Le Cardinal Pizzaballa a rappelé que quatre-vingt-dix pour cent des familles chrétiennes sont confessionnellement mixtes, unissant catholiques et orthodoxes. Les relations, bien que parfois marquées par une certaine sévérité cléricale, sont fondamentalement bonnes et institutionnellement solides. Cette unité s’illustre par des œuvres communes, notamment à Gaza, où paroisses orthodoxes et catholiques coordonnent leurs activités liturgiques et humanitaires. L’éducation n’est pas en reste : face à la diminution du nombre d’élèves chrétiens, une coopération pragmatique permet d’offrir une éducation identique, utilisant les mêmes livres de catéchèse élaborés en commun.
En conclusion, le Cardinal Pizzaballa espère pour son troupeau non pas une solution purement politique, qu’il ne faut pas confondre avec l’espérance chrétienne, mais de meilleures conditions de vie et la préservation de l’unité de la communauté. Il appelle à reconnaître ce qui est déjà partagé, notamment la défense de la paix, de la justice et de la dignité humaine, afin de parler d’une seule voix sur les questions internationales, tout en continuant de renforcer les relations pastorales au quotidien.





















