À l’approche de la première visite apostolique du Pape Léon XIV sur le continent africain, prévue du 13 au 23 avril prochains, l’attention des fidèles et des observateurs se porte sur les priorités que le Saint-Père entendra souligner. Ce voyage, qui mènera le souverain pontife en Algérie, en Angola, en Guinée équatoriale et au Cameroun, est perçu comme un moment de vérité pour les relations interreligieuses et la situation sociale de la région.
Parmi les voix qui s’élèvent pour anticiper cet événement, celle de Mgr John Niyiring, évêque de Kano, au Nigeria, résonne avec une autorité particulière. Religieux augustin comme le Saint-Père, Mgr Niyiring a longuement collaboré avec celui qui était alors le père Robert Prevost, notamment durant son mandat de prieur général de l’Ordre de Saint-Augustin entre 2001 et 2013.
L’un des enjeux majeurs de cette visite réside dans l’apaisement des tensions entre chrétiens et musulmans. Pour Mgr Niyiring, le climat actuel est marqué par une forme d’appréhension réciproque, particulièrement dans les nations où l’islam est majoritaire, comme en Algérie. Face au renforcement de la présence musulmane sur le continent, l’évêque souligne l’urgence d’un dialogue authentique avec les responsables religieux. Selon lui, seule cette démarche peut dissiper la méfiance et la peur qui paralysent les communautés. Il exprime ainsi l’espoir que le Pape Léon XIV apporte une parole forte sur la nécessité de cette rencontre fraternelle.
Au-delà de la question religieuse, l’épiscopat africain attend du Saint-Père une dénonciation claire des maux qui entravent le développement humain. Mgr Niyiring pointe du doigt la corruption politique, déplorant que trop de dirigeants privilégient l’accès au pouvoir au détriment du service des populations. La situation des jeunes filles, souvent victimes de réseaux de traite ou privées d’accès à l’éducation, constitue une autre préoccupation majeure que l’évêque souhaiterait voir mise en lumière lors de ce voyage.
La proximité du Pape avec les réalités africaines ne date pas de son élection. Mgr Niyiring rappelle que Robert Prevost avait joué un rôle déterminant dans l’érection de la province augustinienne du Nigeria. Sa première visite canonique hors de Rome, dès 2001, s’était d’ailleurs déroulée dans ce pays. En tant que supérieur provincial à partir de 2005, Mgr Niyiring avait travaillé étroitement avec le futur pontife sur de nombreux projets de construction et de développement, bénéficiant de son soutien actif pour la recherche de financements.
Le prélat nigérian garde le souvenir d’un dirigeant attentif et serein, dont le style de gouvernance était empreint d’une grande écoute. « Il nous encourageait toujours à être ouverts aux impulsions de l’Esprit et à accepter le changement lorsque les situations l’exigeaient », confie l’évêque de Kano. Cette capacité à chercher de nouvelles approches face aux problèmes complexes pourrait être, selon lui, la clé de la réussite de cette mission apostolique en terre d’Afrique.





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