Deux édifices catholiques normands figurent parmi les cinq sites de la région sélectionnés pour le Loto du patrimoine 2026 : la chapelle Notre-Dame-de-Salut à Fécamp, en Seine-Maritime, et la collégiale Notre-Dame des Andelys, dans l’Eure. Leur présence dans la nouvelle sélection de la Mission Patrimoine met en lumière l’urgence de sauvegarder un héritage religieux encore vivant, mais fragilisé par le temps, les intempéries et d’importants besoins de restauration.
La neuvième édition du Loto du patrimoine retient au total 100 projets départementaux en France. La Mission Patrimoine, portée par Stéphane Bern et déployée par la Fondation du patrimoine avec le soutien du ministère de la Culture et de FDJ United, doit contribuer au financement de travaux sur ces monuments en péril.
À Fécamp, sauver la chapelle des marins
Sur les hauteurs de Fécamp, la chapelle Notre-Dame-de-Salut est l’un des deux édifices religieux normands retenus. Connue comme la chapelle des marins, elle conserve une place particulière dans l’histoire spirituelle et maritime de la ville.
Le bâtiment est aujourd’hui fermé au public et nécessite un vaste programme de restauration. La Fondation du patrimoine chiffre le programme global à 1 672 784 euros hors taxes. Les premières interventions doivent porter sur les couvertures, les charpentes du chœur et de la sacristie ainsi que sur la tourelle. D’autres phases concernent les façades, les vitraux, le clocher et, à terme, les intérieurs et les ex-voto.
La dégradation s’est notamment aggravée avec les tempêtes récentes. La couverture de la sacristie a été fortement touchée en décembre 2023, obligeant la commune à effectuer une mise hors d’eau provisoire.
Une chapelle qui conserve la mémoire chrétienne des gens de mer
La Fondation du patrimoine présente Notre-Dame-de-Salut comme une chapelle liée à la mémoire des marins et à l’histoire ancienne de Fécamp. Le chantier ne vise donc pas seulement à sauver une enveloppe architecturale : il doit aussi permettre de préserver des ex-voto et un patrimoine religieux étroitement associé aux générations de marins qui ont fréquenté ce lieu.
La restauration s’inscrit également dans les actions menées par la ville autour de son label Ville d’art et d’histoire. L’objectif annoncé est de faire vivre le chantier et de rendre progressivement ce patrimoine à la population.
Aux Andelys, une collégiale gothique menacée par des désordres structurels
Dans l’Eure, la collégiale Notre-Dame des Andelys a elle aussi été sélectionnée par la Mission Patrimoine. Commencé entre 1215 et 1220, l’édifice s’est développé pendant plusieurs siècles et mêle aujourd’hui architecture gothique et apports de la Renaissance.
Son état exige cependant de nouveaux travaux. La Fondation du patrimoine signale de graves désordres structurels sur la tour nord, fragilisée notamment par des infiltrations et des instabilités. La campagne prévue doit reprendre les toitures des bas-côtés nord et stabiliser cette tour.
La collégiale conserve aussi un remarquable ensemble de vitraux du XVIe siècle attribués notamment aux maîtres verriers Arnoult de Nimègue et Romain Buron. Leur restauration s’inscrit dans un projet plus large de sauvegarde et de transmission de l’édifice.
Trois autres sites normands complètent la sélection
Outre les deux monuments catholiques, trois autres sites normands ont été retenus pour l’édition 2026 : la commanderie de Courval à Valdallière, dans le Calvados, le manoir du Dicq à Port-Bail-sur-Mer, dans la Manche, et le chalet suédois de Bagnoles-de-l’Orne.
Le manoir du Dicq est notamment en grand péril après un incendie survenu au début des années 2000 puis l’effondrement d’un mur lors de la tempête Gérard en 2023. Le chalet suédois, de son côté, constitue un rare témoignage de l’Exposition universelle de 1889 : installé initialement au pied de la tour Eiffel, il fut démonté puis remonté en 1890 à Bagnoles-de-l’Orne.
Le patrimoine religieux, une mémoire qui demande encore à être transmise
Depuis 2018, la Mission Patrimoine a accompagné plus de 1 080 sites en France. Selon les chiffres communiqués, plus de 70 % des projets sélectionnés sont déjà sauvés ou en cours de sauvegarde, pour plus de 380 millions d’euros mobilisés.
Pour les catholiques, la sélection de Fécamp et des Andelys rappelle une réalité très concrète : une part majeure du patrimoine français a été façonnée par la foi chrétienne. Chapelles, collégiales, vitraux et ex-voto ne sont pas seulement des objets de mémoire. Ils témoignent de siècles de prière, de dévotion et de vie paroissiale. Leur sauvegarde permet aussi de transmettre cette histoire aux générations qui viennent.
Sources principales :





Conversation des fidèles
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