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Nigeria : les religieuses de la province de Jos ciblées par une insécurité chronique

Nigeria : les religieuses de la province de Jos ciblées par une insécurité chronique

Réunies en conférence provinciale dans le diocèse de Bauchi, au Nigeria, les religieuses de la province ecclésiastique de Jos ont exprimé leur profonde inquiétude face à l’insécurité grandissante qui paralyse leur apostolat. Le samedi 6 juin 2026, en marge de ce rassemblement de trois jours de la Conférence des religieuses du Nigeria (NCWR), Sœur Callista Ahachi, présidente de la branche provinciale, a déploré les conséquences dramatiques de cette crise sécuritaire sur l’évangélisation, les ministères pastoraux et l’éducation chrétienne.

L’un des impacts les plus préoccupants concerne les établissements d’enseignement catholiques, considérés par l’Église comme des instruments capitaux pour la catéchèse, la formation morale et l’émergence des futurs cadres de la société et de l’Église. Sœur Callista Ahachi, membre de la Société du Saint-Enfant Jésus (SHCJ), a souligné que les écoles ne peuvent plus être gérées sereinement, leurs programmes étant sans cesse perturbés par les menaces de violence. Dans certaines régions du nord du pays, les directions sont contraintes de renvoyer les élèves chez eux et de fermer les portes bien avant la fin officielle des trimestres décrétée par l’État. Ces interruptions incessantes hypothèquent l’avenir de la jeunesse, d’où doivent pourtant émerger les futurs dirigeants civils et les nouvelles vocations à la vie consacrée.

La gravité de la situation s’est reflétée au cœur même de l’assemblée provinciale. Sur les sept diocèses que compte la province de Jos, deux ont manqué à l’appel : ceux de Maiduguri et de Wukari, dont les représentantes n’ont pu entreprendre le voyage en raison de la menace directe des groupes insurgés. Cet isolement forcé est d’autant plus douloureux que les religieuses de la province ne s’étaient pas réunies dans un tel cadre depuis près d’une décennie. Au quotidien, la violence entraîne également la fermeture temporaire de paroisses et de sérieuses restrictions sur les activités religieuses, entravant jusqu’aux célébrations de la Semaine sainte, un obstacle que la présidente qualifie de véritable souffrance pour la vie sacramentelle et spirituelle des fidèles.

Face à l’adversité, les consacrées pointent également du doigt le déclin moral et la corruption endémique qui gangrènent la société nigériane, exigeant d’elles un enracinement spirituel sans faille pour ne pas se laisser entraîner par la facilité des pots-de-vin. S’exprimant sur le thème de la rencontre, « Leadership et durabilité dans la vie consacrée », Sœur Callista a rappelé que leur consécration les appelle à assumer un rôle de guide à différents niveaux. Pour la religieuse, un leadership authentiquement chrétien doit s’inspirer du modèle de Jésus-Christ, caractérisé par une gestion responsable, la charité agissante, l’empathie et une écoute attentive d’autrui, car c’est lorsque nous écoutons que nous pouvons bien agir.

Malgré la douleur des absences et la menace constante du danger, ce rassemblement inédit depuis dix ans a constitué une source précieuse de consolation et de fraternité. Pour ces sentinelles de la foi au Nigeria, ce temps fort spirituel s’achève sur un renouvellement de leur engagement missionnaire, décidées à poursuivre leur œuvre de charité et d’espérance au service des plus vulnérables, au cœur de la tourmente

Conversation des fidèles

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