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Qui sont les catholiques traditionalistes de nos jours

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L’héritage, c’est la tradition. Le « legs du passé« , au sens étymologique, constitue la tradition. Il s’agit du patrimoine intellectuel global issu des générations antérieures, aboutissant à la génération actuelle.

Le Père Augustin Barruel décrivait ainsi la tradition :

« Dans ce legs du passé, on découvre naturellement tout ce que l’homme peut transmettre, incluant en lui-même le bon et le mauvais, le vrai et le faux, l’histoire et la légende. Le mot est fréquemment utilisé pour désigner, au sens étymologique, les connaissances héritées et anciennes, celles qui se distinguent des découvertes, des innovations et des inventions contemporaines, voire s’y opposent.

Il se trouve qu’un grand nombre d’esprits, qu’ils soient cultivés ou non, nourrissent instinctivement une opinion favorable envers les vestiges du passé, où s’accumule toute l’expérience des temps anciens. Même les plus rationalistes ne peuvent se défendre de cette opinion, réservant toujours un coin de leur pensée pour la bouée de sauvetage traditionnelle. 

Le lexique ecclésiastique réserve le terme TRADITION à une acception plus restreinte. Il n’englobe plus tout l’héritage du passé indépendamment de son contenu. Il est désormais exclusivement réservé à la partie de la Révélation divine qui n’a pas été consignée par écrit, mais qui s’est transmise de manière orale. Chaque Révélation, en effet, laisse deux types de traces : une écrite, qui contribue à former l’ÉCRITURE SAINTE en s’ajoutant à celles déjà consignées, et une orale, qui s’ajoute à la TRADITION. On cherche et recueille évidemment les moindres vestiges des précieuses paroles divines.

La révélation divine se dévoile en trois grandes phases. D’abord, une Révélation primordiale reçue par les Patriarches, sans engendrer d’Écriture. Ensuite, une seconde Révélation donnant naissance à l’Ancien Testament, et enfin, une troisième, celle du Messie, engendrant le Nouveau Testament, marquant la clôture de la Révélation Publique.

Chaque phase introduit une forme particulière de Tradition, véhiculant la partie non écrite de la Révélation, que l’Église, dans sa forme actuelle, s’attache à préserver. Les historiens de la Religion s’accordent à dire que l’Église, bien que prenant des formes différentes, remonte aux origines les plus anciennes de l’humanité, donc aux premières Révélations. »

Voilà, après avoir abordé un peu l’étymologie du mot tradition et d’avoir, grâce à Augustin Barruel décrit un peu ce que voulait dire concrètement la tradition, passons maintenant aux mouvements traditionalistes d’aujourd’hui.

Mais avant ça, voyons quelles sont les différences, bien entendu, pour ça, je prendrais seulement le cas entre une paroisse de la nouvelle messe et celle qui se revendique du traditionalisme, et la liste est non exhaustive bien sûr, j’ai simplement soulevé ce dont je me souviens de mémoire.

Tout d’abord, la langue de la messe est célébrée dans la langue vernaculaire, alors que celle des traditionnalistes l’est en latin. Les génuflexions sont peu pratiquées dans la nouvelle messe, à l’inverse de la forme extraordinaire.

Pendant la communion, l’hostie est reçue dans la main dans la grande majorité pour la nouvelle messe, tandis que pour l’autre forme, c’est à genou et directement dans la bouche. Les vêtements sont également différents : pour la nouvelle messe, il n’y a pas de style particulier, chacun peut venir comme il l’entend tout en restant respectueux, bien entendu. Pour la messe latine, les hommes sont très souvent en costume et les femmes en jupes en dessous des genoux avec un voile cachant leurs cheveux.

La paix du Christ est donnée en plus du prêtre, par les fidèles eux-mêmes. Chacun exprime un geste, une parole, ou un acte de charité envers ses frères. Dans la messe traditionnelle, seul le prêtre donne la paix du Christ aux fidèles. Ce qui nous amène à constater que dans la nouvelle messe, nous pouvons voir des applaudissements, des danses, des expressions physiques durant la messe, bien que personnellement, je n’aie jamais assisté à cela dans les paroisses locales. Cela existe tout de même. Concernant la messe en latin, l’atmosphère est plus calme, il n’y a pas de telles expressions et la participation du fidèle y est de moins grande importance.

Les homélies sont également différentes. Du côté de la nouvelle messe, je dirais que les prêtres mettent bien plus l’accent sur l’amour de Jésus, la miséricorde. Certaines homélies sont un peu molles et bisounours comparées aux homélies des prêtres qui célèbrent la messe en latin. Eux, sont plus axés sur la justice de Dieu et les devoirs des catholiques.

Ce qui nous permet de conclure sur le fait que la participation des jeunes est bien plus élevée dans la messe latine que dans la nouvelle messe. La qualité de certaines homélies, la mentalité, la recherche de repères, d’enracinement de la jeunesse française se trouvent plus en adéquation avec l’ancienne forme que la nouvelle. La jeunesse a besoin d’entendre quelque chose qui n’ hurle pas avec la société, quelque chose qui les rassure et qui s’oppose à la décadence avec des mots forts.

Pour les mouvements traditionnalistes qui ne reconnaissent pas le Pape, il y a aussi le fait que le Pape n’est pas cité durant la messe.

Après ce petit récap rapide, entrons dans le vif du sujet et voyons quels sont les institutions, les mouvements tradis en France.

Les mouvements traditionalistes en France les plus importants

Depuis le Concile Vatican II, diverses organisations traditionalistes ont vu le jour, certaines ayant obtenu par la suite l’approbation de l’Église catholique. Ces entités adhèrent aux documents du Concile Vatican II et reconnaissent la légitimité des changements qui en découlent, tels que la révision de la messe. Cependant, elles choisissent de célébrer les formes liturgiques plus anciennes avec l’aval du Saint-Siège. C’est celles-là qu’ont va voir, avant de passer aux autres.

Fraternité sacerdotale Saint-Pierre (FSSP)

 La Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre est une société cléricale de vie apostolique et de droit pontifical. Fondée en 1988, cette communauté de prêtres au service de l’Église travaille à une double mission : la formation et la sanctification des prêtres. Il y a d’après les chiffres de 2021, 341 prêtres actifs.

Institut du Christ Roi Souverain Prêtre (ICRSP)

L’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre fut fondé en 1990 par Monseigneur Gilles Wach et M. l’abbé Philippe Mora et d’abord érigé canoniquement au Gabon, terre de nos missions aujourd’hui encore. Il y a un peu plus de 130 prêtres pour cet institut.

Institut du Bon Pasteur (IBP)

L’Institut du Bon-Pasteur est une société de vie apostolique de prêtres et de séminaristes catholiques traditionalistes, érigée le 8 septembre 2006 par la Congrégation pour le clergé.Concernant cet institut, il est question de 48 prêtres au total.

Fraternité Saint Vincent Ferrier

La Fraternité Saint-Vincent-Ferrier devient un institut religieux de droit pontifical en 1988. Est une communauté religieuse catholique traditionaliste d’inspiration dominicaine, mais non affiliée à l’ordre des Prêcheurs. En 2020, la communauté comptait 13 prêtres.

En revenant sur cette petite liste, il est à noter que je n’ai pas listé toutes les communautés. En effet, certaines d’entre elles, bien que présentes, ne disposent que d’un nombre limité de chapelles, voire d’une seule dans certains cas. En conséquence, mon attention s’est portée principalement sur celles qui jouissent d’une forte implantation en France.

Explorons désormais la zone intermédiaire, c’est-à-dire, entre reconnaissance et non-reconnaissance, avant de présenter ceux qui sont complètement et officiellement contre le Pape. Comme l’a souligné le Pape, la FSSPX (Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X) chemine vers une pleine communion avec le Saint-Siège du Vatican. Ce mouvement reconnaît le Saint Père, tout en n’acceptant pas encore l’intégralité des enseignements de Vatican II. Ainsi, les discussions autour de cette question perdurent depuis un certain temps déjà.

La Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X

Le 7 novembre 1970, Monseigneur Lefebvre partage avec fierté la nouvelle de l’érection officielle de la « Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X » à ses séminaristes, dans le diocèse de Fribourg, par Son Excellence Mgr François Charrière.

L’acte solennel est daté du 1er novembre 1970, jour de la Toussaint, marquant la reconnaissance officielle de la fondation de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X par l’Église catholique. Le 18 février 1971, le cardinal-préfet de la Congrégation du Clergé exprime sa louange dans une lettre, saluant l’œuvre accomplie. Bénéficiant de la reconnaissance et de la bénédiction de l’Église, la Fraternité Saint-Pie X semblait alors destinée à un avenir prometteur et paisible.

Le 14 septembre 2011, le cardinal Levada remet à Mgr Fellay une ébauche de reconnaissance canonique, précédée d’un « préambule doctrinal » qui devrait être accepté par tous les membres de la Fraternité. Malgré plusieurs essais de reformulation, ce préambule est jugé inacceptable par la Fraternité, y compris au cours du chapitre général tenu en juillet 2012, car contenant une acceptation trop large des enseignements conciliaires.

La FSSPX a actuellement 676 prêtres dans sa fraternité.

En guise de conclusion, abordons les traditionalistes qui rejettent Vatican II ainsi que les Papes qui lui ont succédé jusqu’à aujourd’hui.

Les Sédéprivationnistes

La Thèse de Cassiciacum définit les arguments de la position de résistance catholique connue sous le nom de sédéprivationnisme. Selon cette thèse, au moins depuis le 7 décembre 1965, il est affirmé que la Chaire Apostolique doit être considérée formellement vacante. Cette date marque l’approbation de la Déclaration Conciliaire Dignitatis Humanae sur la liberté religieuse, un document promouvant une doctrine précédemment condamnée par le Magistère de l’Église, d’après eux.

À partir de 1965, il est soutenu que la chaire de Saint-Pierre est occupée uniquement matériellement par les élus des conclaves convoqués, tous considérés comme valides jusqu’à preuve du contraire. Ces élus seraient ainsi considérés seulement comme « papes » en puissance, désignés pour le papauté mais pas véritablement papes au sens strict. En enseignant des doctrines déjà condamnées comme hérétiques, ils manifesteraient publiquement leur privation de l’Autorité d’origine divine qui préserve le Pape de l’erreur dans son Magistère extraordinaire et ordinaire universel.

L’Autorité du Pape est considérée comme surnaturelle et attribuée directement par le Christ à son Vicaire sur terre uniquement par le biais d’une élection valide, garantissant l’infaillibilité magistériale et la primauté juridique. Il est suggéré qu’au moment de l’acceptation de l’élection au pontificat, les élus par le Conclave n’auraient accepté que verbalement et extérieurement, posant intérieurement un obstacle à l’acceptation. Cet obstacle est identifié par l’absence de l’«intention objective et habituelle de procurer et de réaliser le bien et la fin de l’Église».

Les Sédévacantistes

Les sédévacantistes estiment que les papes du Vatican II ont perdu leur position en acceptant des enseignements hérétiques liés au Concile Vatican II, et par conséquent, il n’y a actuellement pas de vrai pape. Ils concluent, sur la base de leur rejet du rite de la nouvelle messe et de certains aspects de l’enseignement postconciliaire de l’Église qu’ils considèrent comme faux, que les papes en question sont également faux.

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Il s’agit d’une position minoritaire parmi les catholiques traditionalistes et elle est hautement divisive, de sorte que beaucoup de ceux qui la soutiennent préfèrent ne pas en parler, tandis que d’autres sédévacantistes ont accepté l’ordination épiscopale de sources telles que l’archevêque Pierre Martin Ngô Đình Thục.

Je n’ai pas trouvé de listes concernant le nombre de prêtres sédévacantistes. Ils constituent cependant une minorité parmi les catholiques. Je suis conscient que c’est très simplifié et qu’il manque beaucoup de choses, mais au moins, cela permet à ceux qui débutent ou découvrent le catholicisme d’avoir quelques bases.

Publié par Napo

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