Pour la troisième année consécutive, le régime de Daniel Ortega et de son épouse Rosario Murillo a interdit les processions religieuses publiques durant la Semaine Sainte au Nicaragua. Une décision qui s’inscrit dans une persécution systématique contre l’Église catholique, dénoncée par des fidèles et des observateurs internationaux.
Selon des témoignages recueillis par Confidencial, les célébrations, autrefois vibrantes dans les rues, se retrouvent confinées à l’intérieur des églises. « Avant, nous parcourions les communautés. Maintenant, nous lisons simplement les stations du Chemin de Croix. La piété populaire en souffre », confie Marcos, un servant de messe à Managua. La police, forte de 14 000 agents déployés, surveille étroitement les lieux de culte. Des fidèles comme Aurelio, 35 ans, affirment reconnaître les agents en civil, chargés de photographier et de rapporter les activités.
Un plan de répression méthodique
Martha Patricia Molina, avocate et chercheuse nicaraguayenne exilée, révèle dans son rapport « Nicaragua : une Église persécutée » l’existence d’un « Plan Été 2025 ». Ce document ordonnerait aux forces de l’ordre de harceler les prêtres, de bloquer les processions et de censurer les homélies critiquant le régime. Entre 2018 et 2024, près de 1 000 attaques contre l’Église auraient été recensées.
Les contrôles s’intensifient : fouilles de téléphones portables, rapports hebdomadaires imposés aux prêtres, et même l’interrogatoire d’une écolière se rendant à la messe, rapporte Mosaico CSI. Certaines paroisses obtiennent un semblant d’autorisation, limitant les processions à l’espace devant l’église. « On sort quelques instants, puis on rentre. Ce n’est plus comme avant », déplore Molina auprès d’ACI Prensa.
La foi, rempart contre la tyrannie
Malgré la terreur, les Nicaraguais remplissent les églises. « La ferveur des chrétiens ici force l’admiration », souligne le journaliste exilé Israel Espinoza. Des prêtres en exil, comme Mgr Silvio Baez, rappellent que le Christ triomphera :
« La dictature interdit les processions, mais elle ne pourra étouffer la vérité ni la quête de justice. »
Le Père Nils Hernandez, réfugié aux États-Unis, lance un appel prophétique :
« Jésus renversera ces dictateurs qui traitent le Nicaragua comme leur propriété. Dieu voit la souffrance de son peuple. »
Le Père Edwing Roman, également exilé, décrit une situation surréaliste :
« Des policiers en armes filment les homélies, exigent des photos avec les prêtres pour manipuler l’image de l’Église. »
Un rapport accablant pour le régime
Publié le 3 avril par le Groupe d’experts sur les droits de l’homme au Nicaragua, un rapport de 234 pages détaille les crimes du régime depuis 2018, désignant 54 responsables. Félix Maradiaga, ancien candidat présidentiel emprisonné, exhorte la communauté internationale à soutenir la création d’un tribunal spécial.
En cette Semaine Sainte, tandis que le peuple nicaraguayen prie sous surveillance, l’espoir demeure : comme l’écrivait saint Paul, « là où le péché abonde, la grâce surabonde » (Rm 5, 20). La Croix, interdite dans les rues, continue de régner dans les cœurs.
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