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Le début des états mystiques de Thérèse Neumann

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Quand ont commencé les états mystiques de Thérèse Neumann ? Quelque circonstance extérieure peut-elle être considérée comme leur cause ou leur prétexte ?

Il n’est nullement établi que la maladie de 1918-1926 ait été la cause, le prétexte ou l’origine de sa vie mystique. Des phénomènes mystiques exceptionnels se sont manifestés, il est vrai, après la guérison subite de l’année 1926, la stigmatisation, par exemple, et en corrélation avec celle-ci, l’absence complète de nourriture. Absolument rien ne prouve cependant que la grâce de la contemplation extraordinaire et les relations mystiques avec les sacrements qu’elle possède aujourd’hui ne remontent qu’au début de cette maladie.

Je demandai un jour à Thérèse si elle avait reçu du Seigneur des grâces particulières avant cette maladie. Elle répondit :

« Depuis toujours, j’ai bien aimé le Seigneur »

Elle se tut quant aux détails. J’avais cependant l’impression bien nette que le secret de son mutisme devait être recherché, soit dans son humilité, soit dans quelque subordination à ses voix secrètes. J’appris qu’elle était jadis non seulement des plus attentives au cours de religion et aux instructions des jours de fête, mais aussi qu’une fois rentrée, elle mettait en œuvre par écrit ce qu’elle venait d’entendre.

Malheureusement, les cahiers et leur contenu furent brûlés par mégarde, en 1925, lors de travaux effectués à la maison paternelle. Dès sa plus tendre enfance, elle voulait devenir sœur missionnaire, afin « d’aller chez les nègres », comme elle disait. C’est pourquoi, en prélevant peu à peu sur son salaire alors que plus tard elle se trouvait en service, elle amassait la dot qu’il lui fallait apporter au couvent. J’ai remarqué par maintes biographies de vrais mystiques qu’il est presque constant de voir apparaître dès la plus tendre enfance des grâces extraordinaires chez les sujets qui plus tard développeront sans arrêt des phénomènes mystiques surprenants.

S’agit-il chez eux de maladies, elles ne se révèlent pas comme une origine, mais bien plutôt comme une étape transitoire destinée à préparer le mystique à recevoir des grâces plus hautes par la réforme de l’âme et du corps. De même, il est frappant qu’à chaque fois l’entourage du mystique n’a jamais rien su des premières grâces mystiques de la jeunesse de celui-ci, de son vivant. Ce n’est que sur la fin de l’existence ou après la mort du mystique considéré que ces particularités ont été connues.

Il semble que ce soit là le fait d’une volonté supérieure et j’ai la conviction qu’il en est de même dans le cas de Thérèse Neumann. Plus tard seulement, les prémices de sa vie mystique pénétreront dans le public.

Thérèse est née en 1898 et a encore cinq sœurs et quatre frères en vie. Elle a été de tout temps une enfant saine et naturelle, sans le moindre indice d’hypersensibilité ou de bigoterie. Sa soif de vérité a toujours été si grande qu’elle se refusait à jouer à la poupée, à écouter des contes dès qu’elle s’apercevait que tout cela ne correspondait pas complètement à la réalité. La pauvreté régnait au logis et les enfants durent tôt aider au travail. Thérèse préférait toujours les tâches masculines, en particulier les travaux des champs.

Son occupation préférée dans ses instants de loisir était de soigner les plantes. Ses lectures religieuses étaient le petit catéchisme, son livre de prières et les publications populaires Notburga, Rosenhain, la Postille de Goffiné, et la Philotée de François de Sales. En fait de livres profanes, elle ne connaissait que ses livres d’école et deux manuels d’horticulture. En 1912, elle était en service chez un habitant du village qui tenait un café et une exploitation agricole. Plus tard, la plupart des hommes étant au front, elle accomplissait les plus rudes travaux des champs.

Elle labourait et ensemençait à la machine, s’occupait aux chargements et ensuite garda les bœufs. Elle avait la réputation d’être la plus vigoureuse fille de la localité, étant capable de porter 75 kilogrammes du rez-de-chaussée au grenier sans poser son fardeau. Elle possède encore aujourd’hui sa forte stature et ses larges épaules. Elle n’a jamais dansé. Par contre, elle dut assurer fort souvent le service de la salle de danse. Elle n’était pas bégueule et se mêlait volontiers à toute plaisanterie pas trop grossière.

Ses prétendants qui se trouvèrent n’eurent cependant jamais de chance auprès d’elle. Ne voulait-elle pas, comme déjà dit, devenir sœur missionnaire ?

Ses maladies commencent en 1918. Un incendie éclate an village. Thérèse Neumann aide à la chaîne. Alors qu’elle soulève des seaux d’eau, elle ressent soudain une douleur dans Épine dorsale. Depuis ce jour, elle ne peut plus travailler convenablement : à chaque effort et même rien qu’en se baissant, ses yeux s’enténèbrent et elle s’affaisse. D’intolérables douleurs apparaissent. Après divers accidents graves, elle entre à l’Hôpital de Waldsassen en avril 1918. Elle souffre de l’estomac, des intestins, présente des symptômes de paralysie et des accès d’étouffements.

Elle en sort non guérie en juin de la même année. En hiver, elle devient tout à fait impotente, en mars 1919, complètement aveugle. À la longue, sous l’effet de la position allongée, jointe à l’immobilité complète, apparaissent dans le dos de graves ulcères pénétrant jusqu’aux os. En avril 1923, elle guérit subitement de la cécité. Un matin, dans son sommeil, il lui sembla qu’ « on touchait à son oreiller ». Elle en fut réveillée et aperçut ses mains ainsi que le chevet de son lit. Toute surprise et ne pouvant y croire, elle regarda tout autour de sa chambre. Effectivement, elle voyait à nouveau.

Le 29 avril 1923, jour de la guérison de la cécité, était celui de la béatification de Thérèse de l’Enfant-Jésus. Thérèse Neumann n’ignorait pas que cette béatification était en cours. C’est pourquoi elle avait voulu peu auparavant faire une neuvaine pour la recommander à Dieu, mais non pas pour guérir elle-même. De plus, elle avait souvent prié pour obtenir l’Esprit de simplicité de la petite Tjérèse de l’Enfant-Jésus. Avec une très forte conviction intime, elle attribua sa guérison à l’intercession de la petite Therese de 1’Enfant-Jésus vénérée par elle.

Les années suivantes, ses souffrances physiques s’accroissent. Suite à une chute malheureuse hors de son lit, sa jambe gauche s’était repliée de telle façon qu’elle se trouva placée en dessous de sa cuisse droite. Elle resta immobile dans cette position pendant 9 mois. Le 17 mai 1925, elle fut brusquement guérie de sa luxation de l’épine dorsale, de même que des maladies et douleurs concomitantes. C’était la date de la canonisation de la même Thérèse de l’Enfant-Jésus.

Ce jour-là, dans l’après-midi, elle aperçut soudainement de son lit, une vive lumière vers l’angle droit de sa chambre tout en entendant une voix. Vivement, elle frappa le plancher de sa canne pour appeler ses parents. Ceux-ci vinrent à leur tout appeler le curé et une sœur de charité qui se trouvait au village. Les quatre témoins déclarent ce qui suit :

« Nous vîmes la scène, assise sur son lit, dans une position qu’elle était incapable de prendre d’elle-même jusqu’ici. Elle semblait parler à quelqu’un sans que nous entendions quoi que ce soit. Soudain, elle tendit le bras droit et il sembla qu’une force s’emparait de sa main pour tirer d’une secousse la malade en avant. De douleur, le visage de Thérèse se convulsa et elle porta ses mains aux reins. Quand elle revint à elle, elle nous cria :

« Donnez-moi mes vêtements, je suis guérie, je peux me lever. »

Elle se leva. La sœur infirmière vit à son grand étonnement que les ulcères du dos avaient tous disparu. Sa démarche d’abord hésitante se raffermit peu à peu. Sa maladie ne revint jamais ».

Elle-même rapporte ce qui suit sur l’apparition :

« Une voix infiniment aimable sortant de cette lumière éblouissante questionna :

« Thérèse, ne voudrais-tu pas guérir ? »

Elle répondit :

« Tout m’est égal, la vie ou la mort, la santé ou la maladie, ce que Dieu voudra, lui seul sait ce qui convient le mieux ».

La voix répondit :

« Serais-tu contente si aujourd’hui, tu pouvais te lever, marcher et faire de nouveau tout toi-même ».

Thérèse :

« Tout m’est une joie de ce qui vient de Dieu ».

La voix rétorque :

« Il t’est permis aujourd’hui d’éprouver une petite joie, tu peux te lever, essaie donc, je vais t’aider. »

La voix ajouta peu après :

« Cependant, il te sera donné de souffrir encore beaucoup et longtemps, et aucun médecin ne pourra te soulager. Par la souffrance seule, tu pourras le mieux exercer ta vocation et ton esprit de sacrifice, et ainsi aider les prêtres. Il est sauvé infiniment plus d’âmes par la souffrance que par les plus brillants sermons. »

En novembre 1925, elle eut une très grave crise d’appendicite. Le médecin décida d’aller de toute urgence à l’hôpital pour l’opération. Elle eut pitié de sa mère en larmes, aussi dans ses souffrances pria-t-elle :

« Tu sais, petite Thérèse, que tu pourrais m’aider, tu m’as si souvent aidée, tout m’est égal, mais vois donc dans quel état est ma mère. »

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Soudain, elle se dressa, ouvrit les yeux, le visage comme transfiguré. Elle tendit les mains devant elle vers quelqu’un d’invisible et répéta à plusieurs reprises : « Oui », puis se souleva complètement. Revenant à elle, elle fit : « Vraiment ? » dans le sens de : « Est-ce possible ? »

Elle prétendit ne plus ressentir aucune douleur. Lorsque le curé lui demanda si par hasard la petite Sainte Therese avait été de nouveau là et l’avait secourue, elle répondit :

« Oui, elle m’a dit de me rendre immédiatement à l’église pour remercier Dieu. »

Elle se leva effectivement et se rendit à l’église.

Source : Thérèse Neumann, la mystique de Konnersreuth – Frère Giot & Frère Dorola – 1935

Publié par Napo

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