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Les Dix : Mini entretien avec l’Abbé Matthieu Raffray


l’Abbé Matthieu Raffray

Entretien de l’abbé Matthieu Raffray, membre de l’Institut du Bon Pasteur.

I. Pouvez-vous vous présenter ? Depuis combien de temps êtes-vous Catholique puis prêtre Catholique ? Pourquoi êtes-vous devenu Catholique ? Avez-vous déjà  vécu quelque chose d’extraordinaire voir miraculeux par la grâce de notre Seigneur ?

A vrai dire, j’ai toujours été catholique ! Je suis né dans une famille de 9 enfants (j’en suis le 3ème) et j’ai été baptisé peu de temps après ma naissance. Nous allions à la messe tous les dimanches, et nous faisions la prière en famille tous les soirs, sans exception.

Dès l’âge de 6 ou 7 ans, je jouais à la messe avec mes frères (on se battait pour savoir qui ferait le prêtre et qui ferait le servant de messe !) et mes parents nous ont toujours enseigné un grand amour de l’Église et de ses représentants. Je les remercie donc infiniment de m’avoir transmis la foi catholique, par leurs paroles et par leur exemple : cet enseignement m’a permis, après quelques errements à l’adolescence (si l’on m’avait dit à 18 ans que je deviendrais prêtre, j’aurais bien rigolé…), de devenir un jeune homme catholique et fier de l’être, puis enfin de choisir la voie du sacerdoce, à la fin de mes études, à l’âge de 24 ans.

Je n’ai donc jamais eu de révélation extraordinaire, et je ne crois pas que ce soit une bonne chose de rechercher ce genre de manifestation ou de miracle : bien sûr, cela peut arriver, mais Dieu agit habituellement par les moyens naturels, par les choses les plus simples et les plus évidentes ! Il nous parle dans notre devoir d’état, dans nos responsabilités familiales ou professionnelles, dans l’exercice quotidien de la vertu chrétienne.

II. Quel conseil donneriez-vous à un Catholique sortant du catéchuménat ?

Il y a actuellement de nombreux jeunes qui se tournent vers la foi, car ils n’ont rien reçu dans leur enfance, ou très peu. Ils sont les victimes du rejet de la vérité qui a sévi dans l’Église depuis 70 ans : à force de ne plus vouloir enseigner la foi, mais de lui préférer un soi-disant dialogue et une fausse liberté de conscience, les catholiques (prêtres et laïcs) ont failli à leur mission d’enseigner la foi et de la transmettre aux jeunes générations.

Beaucoup de nos contemporains disent qu’ils n’ont pas la foi, mais c’est en fait seulement de l’ignorance : comment vont-ils croire, si personne ne leur prêche ?

Mon conseil pour un jeune qui avance vers le baptême, ou qui vient d’être baptisé, est de ne pas se décourager : la vie de la foi est parfois difficile, ardue, car le Bon Dieu agit sur le long terme. Il y a le temps de la conversion, de l’enthousiasme de la découverte, de la joie intérieure d’avoir trouvé Dieu… mais il y a aussi le temps de la maturation, de l’obscurité et de la lutte : c’est là que l’on devient « adulte dans la foi ». Il ne faut donc jamais se décourager,

III. Comment vivez-vous votre foi au quotidien ? Prières, jeûnes, lecture de la parole de Dieu ? A quelle fréquence ?

La vie d’un prêtre est d’abord réglée par ses obligations sacerdotales : il s’est engagé à réciter le bréviaire chaque jour, c’est-à-dire la prière officielle de l’Église.

Elle est divisée en 8 offices qu’on appelle les « heures » :

-matines,
-laudes,
-prime,
-tierce,
-sexte,
-none,
-vêpres,
-complies.


Ces offices sont composés essentiellement de psaumes, d’oraisons, et de lectures. Le prêtre est donc tenu de réciter l’ensemble de ces prières chaque jour (cela prend entre 1h et 1h30, selon les jours).

Ensuite, il y a bien sûr la célébration de la Sainte Messe, qui est sans doute le moment le plus important de la journée : c’est un moment d’intimité avec Dieu, même si la messe est célébrée en public !

Pour le reste, chaque prêtre doit s’adapter selon son ministère : oraison personnelle, lectures, chapelet quotidien, etc. Et puis surtout, la vie du prêtre est réglée sur la liturgie : les temps de pénitence (carême, Avent) et les jours de jeûne (mercredi des cendres, vendredis de carême…) et d’abstinence, c’est-à-dire sans viande (tous les vendredis et les jours de jeûne)…

L’Église est une mère ! Suivre déjà toutes ses recommandations, c’est un programme exigeant !

IV. Quelle direction prend actuellement la France d’après vous en matière de foi ? Serons-nous moins ou plus croyants dans 10 ans ?

Il me semble que dans l’apostasie actuelle, apparaît cependant les prémices d’un véritable renouveau : les jeunes qui n’ont rien reçu sont en demande, et un certain nombre se tournent vers la foi pour recevoir le baptême et pour apprendre la foi catholique… c’est un vrai signe d’espérance !

Quant au futur, tout dépend de notre ferveur personnelle et de notre esprit d’évangélisation. Regardez les apôtres : ils étaient seulement 12, et pourtant ils ont conquis le monde entier à la foi et à l’amour de Jésus-Christ !

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V. Comment faites-vous dans les périodes sèches, quand Jésus-Christ vous semble loin ?

C’est un grand principe de la navigation : dans le brouillard, on ne change pas de direction, mais on garde le cap ! il en va de même dans la vie spirituelle : quand Jésus semble loin, c’est souvent qu’il est plus proche qu’on ne le pense, mais qu’il veut purifier notre foi, la rendre moins sentimentale et plus sincère… il faut donc lui faire confiance, dans la prière et l’abandon.

VI. Pensez-vous que la République, qui est un système profondément anticlérical, puisse être compatible avec la foi catholique ?

Il faut distinguer la République comme système politique, et la République comme idéologie, celle qui détruit la France chrétienne depuis la Révolution : la première est un système politique comme les autres – et la foi peut bien s’en satisfaire, comme elle se satisfait de toutes les situations humaines, même les plus bancales et les plus imparfaites. Quant à la seconde, en tant qu’elle a pour but la disparition de la foi catholique, elles sont évidemment incompatibles !

VII. Aujourd’hui, il y a un débat autour de la mort, d’après vous, que se passera-t-il réellement ? Que dit l’Église réellement ?

Après la mort ?

L’enseignement  de l’Église est très clair : il y a un jugement particulier, lors duquel chaque âme est jugée par Dieu, qui connait tous les aspects et les recoins de nos âmes, ses bons désirs, ses faiblesses, ses repentirs. Et il juge donc infailliblement, en accueillant dans son Paradis les âmes justes – qui nécessitent le plus souvent un temps de purification, au purgatoire, et en rejetant les âmes des méchants, ceux qui meurent en état de haine de Dieu, et qui fuient d’elles-mêmes loin de Dieu pour l’éternité : c’est l’enfer.

VIII. Que pensez-vous du désir des jeunes prêtres de revenir aux messes tridentines en latin et de l’attrait du catholicisme dit traditionaliste pour la nouvelle génération ?

C’est tout à fait légitime, et même indispensable ! Il n’y aura pas de renouveau dans l’Église sans un retour vers sa tradition multiséculaire ! C’est une question de choix fondamental : soit regarder vers Jésus-Christ pour transmettre fidèlement sa doctrine, et c’est cela la religion catholique ; soit regarder vers un hypothétique progrès qui devrait arriver dans le futur, et c’est le progressisme : l’Église des modernes, en ce sens, est toujours trop vieille, démodée, car le monde avance vers la décadence plus vite qu’elle.

La jeunesse éternelle de l’Église, au contraire, c’est sa transcendance, son enseignement qui est hors du temps et qui ne varie pas ! C’est cela que les jeunes générations réclament : non pas que l’Église soit au gout du jour, mais qu’elle leur donne les paroles de la vie éternelle.

La liturgie traditionnelle, en ce sens, est un excellent témoignage : il s’agit de rites sacrés, qui ont très peu évolué, et qui ont sanctifié les générations de saints et de chrétiens qui nous ont précédé : Sainte Jeanne d’Arc, Saint Louis, et tous les Saints ont assisté à cette messe ! Pourquoi avoir voulu en changer ? Et pourquoi vouloir interdire à nos générations d’y assister, comme leurs ancêtres ? C’est incompréhensible !

IX. Quel est selon vous le rôle du Pape dans la Sainte Église Catholique, quels sont ses pouvoirs ? Qu’en est-il de François Bergoglio ? Répond-il selon vous à cette définition ?

Le rôle du pape est d’abord d’être gardien du dépôt de la foi ! Il est le principe de l’unité de tous les chrétiens, dans l’espace et dans le temps, en prêchant la doctrine catholique sans faille, et en condamnant les erreurs qui la menacent.

Ce qui est sûr, c’est qu’il y a déjà eu dans le passé de mauvais papes, qui n’ont pas été à la hauteur de la tâche qui leur était confiée, et qui ont mis la foi en danger à cause de leurs errements ou de leurs compromissions…

Il faut à chaque génération prier pour l’Église, pour que les hommes qui en sont les ministres, et qui demeurent faillibles et faibles, accomplissent néanmoins leur mission avec fidélité. Depuis le plus petit des prêtres jusqu’au sommet de la hiérarchie.

Nous vivons aujourd’hui une période extrêmement trouble, où ce sont les hommes d’Église eux-mêmes qui semblent détruire la foi… Dans cette tempête, il est indispensable de rester fidèle à l’Église : le Christ nous a promis que jamais les portes de l’enfer ne prévaudront contre elle !

X. Et pour finir, quel serait d’après vous le ou les principaux dangers auxquels un chrétien de notre siècle doit prendre garde ?

Le danger qui nous menace particulièrement aujourd’hui est la compromission avec le monde. C’est cette idée selon laquelle pour être accepté par les non-chrétiens, ou par les non-catholiques, il faudrait amoindrir la doctrine, réviser nos dogmes ou notre morale et remettre en cause le passé de l’Église…

C’est ce qu’ont fait les modernistes au cours du 20ème siècle, et qui a abouti à la crise actuelle de l’Église en Occident, avec l’abandon massif de la foi que nous déplorons aujourd’hui. Mais c’est un danger qui menace aussi chacun d’entre nous, malgré nos bonnes intentions, lorsque au nom d’une fausse tolérance on préfère ne pas paraître chrétien, laisser les ennemis de l’Église dire du mal de notre foi, ou lorsqu’on met de côté nos principes pour assurer notre confort ou notre réputation.

Au lycée, à l’Université, sur notre lieu de travail, il est temps que nous soyons fiers d’être catholiques, heureux d’être les fils de celle qui a civilisé et bâti l’Europe entière, et que nous osions défendre notre foi contre les mensonges que propagent les médias et les idéologues.

Que plus aucun catholique n’ait honte de dénoncer le crime terrible de l’avortement ou de condamner la sexualisation destructrice de notre jeunesse ! Que nous soyons de nouveau fiers de vivre selon la morale chrétienne, fiers et heureux de confesser le nom de Jésus-Christ !  

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Nous remercions chaleureusement notre Abbé Matthieu Raffray, d’avoir pris le temps de répondre à notre entretien et de nous avoir apporté un enseignement riche, profond de sens !

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