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La vision catholique concernant le voile

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Dans la tradition catholique, un voile n’est pas seulement une couverture. Bien sûr, il cache quelque chose ou quelqu’un. Mais il révèle aussi. Nous voilons ce qui est sacré – pour le révéler comme tel.

Ainsi, le calice est souvent voilé, non pas parce qu’il est laid ou parce qu’il nous est interdit de le regarder. Il est voilé pour révéler sa fonction sacrée de récipient du précieux sang du Christ. Une femme est voilée non pas parce qu’elle est laide ou parce qu’il nous est interdit de la regarder. Elle est voilée pour révéler sa dignité en tant qu’épouse le jour de son mariage ou en tant qu’épouse jurée du Christ.

Cette vision catholique du voile permet de comprendre les apparitions de notre Seigneur ressuscité. Il est voilé dans son corps et dans ses paroles. Mais le voile de la résurrection ne dissimule pas seulement, il révèle aussi.

Un voile physique recouvre le Ressuscité. Lorsqu’il apparaît à Marie-Madeleine au tombeau et aux Apôtres au bord de la mer de Tibériade, ils ne le reconnaissent pas tout d’abord. De même, les disciples sur la route d’Emmaüs « furent empêchés de le reconnaître« . Au moment même où ils désirent le plus le voir, notre Seigneur s’approche de ses disciples d’une manière cachée, voilée.

De plus, ses questions fonctionnent comme le voile verbal de son identité. « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » demande-t-il à la Madeleine. « Enfants, avez-vous pris quelque chose à manger ? » demande-t-il aux Apôtres. Sur le chemin d’Emmaüs, il intervient dans le débat en cours : « De quoi discutez-vous en marchant ?« 

Cette seule question les arrête net et leur révèle – et nous révèle – la profondeur de leur dévotion : « Es-tu le seul visiteur de Jérusalem à ne pas savoir ce qui s’y est passé ces jours-ci ?« . Son voile les attire vers l’avant : « Quelles choses ?« 

Or, notre Seigneur ne pose jamais une question dont il ne connaît pas la réponse. Il pose des questions non pas pour obtenir des informations, mais pour transmettre une révélation. Il pose des questions non pas parce qu’il a besoin de savoir, mais parce que ses disciples – passés et présents – ont besoin de réfléchir sur lui et d’approfondir leur désir pour lui.

Ses questions cachent à la fois son identité et révèlent l’aspiration de notre cœur à son égard. Après tout, le « cache-cache » est un jeu auquel jouent les amoureux. Il se voile non pas pour frustrer, mais pour séduire. Sa présence cachée conduit ses disciples à le désirer davantage. C’est ainsi qu’ils implorent : « Reste avec nous, car le soir approche et la journée est presque finie« . Son identité était encore cachée, mais leur désir pour lui avait été révélé. Leur cœur s’enflamme lorsqu’il leur parle en chemin.

« Comme il était à table avec eux, il prit du pain, dit la bénédiction, le rompit et le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent, mais il disparut de leur vue. » Nous avons ici une référence claire à l’Eucharistie, le voile ultime. À la fois, ils le voient et ne le voient pas.

Dans l’Eucharistie, la fraction du pain, notre Seigneur est à la fois caché et révélé. Il est vraiment caché sous la forme du pain. Nous ne le voyons pas tel qu’il est ni tel que nous le verrons un jour. Et pourtant, nous le voyons. Lorsque nous regardons l’hostie, nous regardons en fait Jésus-Christ. Ce voile le révèle comme notre pain quotidien, notre pain supersubstantiel, notre pain pour le jour. Le voile eucharistique le révèle comme nourriture pour le voyage, pour nous nourrir sur notre chemin de pèlerin.

« C’est alors que leurs yeux s’ouvrirent… . » Les yeux d’Adam et d’Ève s’étaient également ouverts. Le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal « était un plaisir pour les yeux« . Mais le fait d’en manger n’a fait qu’ouvrir leurs yeux au mal. Cette ouverture était en fait l’aveuglement du péché. L’Eucharistie défait maintenant cet aveuglement et ouvre vraiment nos yeux. Le Christ sous le voile du pain est un plaisir pour les yeux. Et lorsque nous mangeons le fruit de l’arbre de la Croix, nos yeux s’ouvrent à sa vérité, à sa bonté et à sa beauté.

L’Eucharistie devient la charnière, le tournant de l’histoire d’Emmaüs, comme elle devrait l’être dans nos vies. Les disciples, qui s’étaient dirigés vers l’ouest, vers l’extinction de la lumière et loin de la ville sainte, se tournent maintenant vers l’est, vers le soleil levant, et reviennent en courant vers l’Église de Jérusalem qui s’attend à être rejointe. Le voile leur a ouvert les yeux. Maintenant, ils courent pour éclairer les autres avec la bonne nouvelle de la résurrection.

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Toute cette scène représente la chaîne et la trame de la vie chrétienne. Le Christ se voile pour que nous ayons envie de lui, que nous le cherchions et que notre désir de lui grandisse. De même, il se révèle pour créer en nous un zèle apostolique.

L’Eucharistie est au cœur de cette dynamique. Elle est avant tout le voile qui révèle, le symbole mais aussi la réalité, le pain qui est vraiment le Corps. Ainsi, il continue à se faire connaître à nous dans la fraction du pain – si seulement nous continuons à le supplier : « Reste avec nous, car c’est bientôt le soir et la journée est presque finie« .

Fr. Paul D. Scalia

Source : Cet article a été publié originellement par TheCatholicThing (Lien de l’article).

Publié par Napo

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