Saint Jean-Joseph de la Croix
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Saint Jean-Joseph de la Croix


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Prêtre Franciscain, Saint Jean-Joseph de la Croix déployait un énorme zèle pour sauver les âmes, pour ça, il s'infligea d'effrayantes austérités.

Prêtre Franciscain, Saint Jean-Joseph de la Croix déployait un énorme zèle pour sauver les âmes, pour ça, il s’infligea d’effrayantes austérités.

« Quand il n’y aurait ni ciel ni enfer, je voudrais néanmoins aimer Dieu toujours. » Nous avons dans l’immense amour exprimé par ces paroles le secret de la vie effrayante d’austérités, brûlante de zèle, de Saint Jean-Joseph de la Croix.

« Aimons notre Seigneur, disait-il encore, aimons-le réellement et en vérité, car l’amour divin est un grand trésor. Heureux celui qui aime Dieu ! »

Saint Jean-Joseph de la Croix naquit dune famille noble, à Ischia, île du royaume de Naples, et prit I’habit de saint François, chez les Observants Déchaussés à Naples, à l’âge de seize ans. Ordonné prêtre à vingt-trois ans, il remplit successivement les charges de Maître de novices, de Supérieur local, de Définiteur et de Provincial, et donna à ses religieux, dans tous ces emplois, l’exemple de toutes les vertus. Ayant obtenu du Pape la permission de refuser les dignités qu’on pourrait dorénavant lui offrir, il ne songea plus qu’à se consacrer au salut et à la direction des âmes, et se retira au couvent de Naples, berceau de sa vie religieuse.

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Désormais notre Saint se consacrera tout entier au salut des âmes, pour lesquelles il n’épargnera ni peines ni fatigues. Comme, dans sa vieillesse, on lui recommandait de se ménager, en raison surtout de ses infirmités : « Je n’ai point d’infirmité, répondit-il, qui m’empêche de travailler pour les âmes ; et, quand même j’en Serais couvert, ne devrais-je pas pour les âmes sacrifier ma vie en union avec Jésus Crucifié ! »

Le zèle que saint Jean déployait pour sauver les âmes se traduisait contre lui-même en effrayantes austérités dont la seule pensée fait frissonner la nature. Amateur de pénitences comme les mondains sont avides de plaisirs, sous son grossier vêtement, il porte des cilices, des chaînes de fer, qu’il a soin de varier pour réveiller toujours les sentiments de la douleur ; il prend tous les jours de sanglantes disciplines. Lorsque ses supérieurs lui prescrivent d’user de sandales pour soulager ses pieds malades et meurtris, il y introduit de petits clous qui lui font subir un continuel martyre. Mais le plus affreux instrument de pénitence qu’il inventa pour macérer son corps fut une croix, longue d’un pied, garnie de pointes aiguës, qu’il s’attachait fortement sur les épaules ; elle y forma une plaie qui ne se ferma plus depuis ; il portait aussi sur la poitrine une croix semblable à la précédente, mais plus petite. Pendant les trente dernières années de sa vie notre Saint s’abstint non seulement de vin et d’eau, mais de toute espèce de boisson. Mais au prix de quelles souffrances !

Malgré une vie si austère, le Bienheureux poursuivra sa carrière jusqu’à l’âge de quatre-vingts ans. Disons cependant que ces austérités extraordinaires, auxquelles les saints ont été appelés par une grâce spéciale, ne sauraient être proposées à notre imitation. Dans les desseins de Dieu, ces grandes pénitences ont pour but d’offrir à sa justice une plus large expiation pour les offenses des hommes ; Dieu veut aussi, par ces exemples, nous rappeler la nécessité, qui s’impose à chacun, de faire pénitence dans la mesure de ses forces. La pratique de la mortification doit toujours être modérée selon les règles de la prudence et les avis d’un sage directeur.

Les admirables vertus de notre Saint étaient établies sur le fondement d’une sincère et profonde humilité. Cette vertu le portait à cacher ses mortifications ; n’ayant vécu pendant longtemps que d’un peu de pain et de fruits, il se plaisait à répéter qu’il était gourmand et livré à la sensualité. Souvent, il donnait un remède aux malades qu’il guérissait, afin que cette guérison fût attribuée à une cause purement naturelle. Jamais il ne parlait de lui, de sa noble famille et sa répugnance pour la compagnie des grands n’était égalée que par le soin qu’il prenait de remercier Dieu quand il recevait des mépris. Mais il est écrit que Dieu exalte les humbles ; autant saint Jean s’abaissa, autant Dieu le glorifia par des miracles éclatants et innombrables. Nous ne pouvons résister au plaisir d’en raconter un tout au long.

Un soir du mois de février, comme il rentrait au couvent, il rencontra un marchand napolitain qui était venu lui demander de prier pour sa femme fort avancée dans sa grossesse et dans un danger imminent de perdre la vie :

« Ma femme, dit le marchand, désire manger des abricots, mais il est impossible d’en trouver en cette saison.
— Bien, bien, répondit le Saint, que votre femme attende un peu ; d’ici à demain, le bon Dieu, saint Pierre d’Alcantara et saint Pascal y pourvoiront.
»

En montant l’escalier il aperçut quelques branches de châtaignier :

« Frère Michel, dit-il à son compagnon, prenez trois de ces branches et plantez-les ; qui sait si Dieu et saint Pierre d’Alcantara n’en feront pas sortir quelque abricot pour sauver cette pauvre femme et l’âme de son enfant? »

Le Frère n’avait pas grande confiance, il prit néanmoins ces branches et les planta dans un pot à fleur, qui se trouvait sur la fenêtre de la cellule du Saint ; le matin, on les trouva couvertes de feuilles verdoyantes, et chacune de ces branches portait un bel abricot : la femme du marchand en mangea et se trouva guérie.

Les visions et les ravissements extatiques étaient très fréquents chez notre Bienheureux. Tantôt, pendant l’oraison, un disque lumineux environnait son front ; tantôt, pendant la célébration de la sainte messe, son visage rayonnait d’une céleste splendeur ; l’Enfant Jésus vint même reposer plusieurs fois dans ses bras, s’entretenant avec lui dans la plus suave familiarité ; il n’était pas rare non plus de le voir élevé de terre et absorbé dans un céleste ravissement.

Saint Jean-Joseph avait atteint sa quatre-vingtième année, lorsque le Seigneur l’avertit que sa fin était proche et lui révéla le jour et les circonstances de sa mort. C’est le 5 mars 1739 que ce bon et fidèle serviteur alla recevoir au ciel la récompense de ses travaux. Son corps repose à Naples, dans l’église du couvent de Sainte-Lucie-du-Mont.

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